Jean-François Boclé
Paris
France
gracieuseté de l'artiste
CITÉ INTERNATIONALE – OACI
950 Rue du Square-Victoria, Montréal, QC H3C 6J7

Biographie

Jean-François Boclé, originaire de la Martinique, vit à Paris. Il a été formé à l’École des Beaux-Arts de Bourges et à l’École des Beaux-Arts de Paris. 

Son travail a été exposé au Van Gogh Museum (Amsterdam), au Queens Museum (Caribbean: Crossroads of the World, New York), à la Saatchi Gallery (Londres), au National Museum of World Culture (Stockholm), au CCK (Argentine), au Museo de Arte Contemporáneo du Chili, en Bolivie, au Panamá et à Puerto Rico, au National Museum of World Culture (Stockholm), à la Philharmonie de Paris – Cité de la Musique, au BildMuseet (Suède), à la CENTRALE for contemporary art (Belgique), à Para Site (Hong Kong), au Mémorial ACTe (Guadeloupe), au Kunsthal KadE (Pays-Bas). 

Il a participé à onze biennales en Europe, en Amérique Latine et en Asie.

Démarche et œuvres exposées

Le travail de Jean-François Boclé s’attache à mettre au jour les rapports de force – basés sur l’exploitation de « l’Autre » – qui règlent le fonctionnement de notre monde. Il vise tout autant à tracer un chemin vers un possible « Nous », invalidant toute frontière entre endogène et exogène.

C’est ainsi qu’il envisage son » Cannibalisme étymologique » en cela qu’il entrevoit la Caraïbe comme un espace d’avalement du monde car celle-ci fut pendant des siècles, la seule porte d’entrée vers les Amériques. Elle fut ainsi traversée par les Caravelles et les cales de bateaux négriers et aujourd’hui selon ses mots » par les cargos bananiers, par les migrations volontaires ou blessées, mais aussi par le cyclonique, l’éruptif, le sismique, le carnavalesque, les loas et orishas. » Boclé entrevoit alors son travail comme une restitution de toutes les histoires et de tous les récits du monde car son lieu est traversé par une tectonique et une histoire « cannibale ».

Tout doit disparaître ! (2015)

Tout doit disparaître, est une interrogation sur ce que pourrait être un mémorial de la déportation des Africains vers l’univers plantationnaire américain.

Nous restons seuls face aux interrogations que pose cette œuvre : « Tout doit disparaître », est-ce pour signaler les esclaves-denrées-périssables jetés par-dessus bord lors des traversées, est-ce pour la mémoire de ces corps vendus à la criée à leur arrivée aux Amériques ou encore pour la marchandisation de cette indicible mémoire par les systèmes culturels et muséaux actuels?

Cette mer de sacs nous rappelle combien le consumérisme traverse avec violence les récits des afrodescendants des Amériques. En résistant à une lecture univoque, cette œuvre dessine bien plus que le portrait d’une société du déchet, du gaspillage et de la pollution…elle ouvre sur les déchets de l’Histoire maître, ses gaspillages de vies, ses pollutions mémorielles (effacement, raturage, invalidation). Tout comme les 100 000 sacs plastiques 100 000 fois soufflés tout au long de l’exposition, ce geste indique combien la mémoire collective se nourrit d’une somme de souffles individuels et combien de violence il faut pour la faire disparaître.

Œuvres par l’artiste

Infolettre Art Souterrain

Soyez informé.es de toutes les annonces du Festival Art Souterrain 2022 ! Inscrivez-vous à l'infolettre.

Préférence langue // Language preference

Vous vous êtes inscrits avec succès!