Sarabeth Triviño
Montréal
Canada
gracieuseté de l'artiste
COMPLEXE GUY FAVREAU
200 Boulevard René-Lévesque O, Montréal, QC H2Z 1X4

Biographie

Sarabeth Triviño est une artiste textile d’origine chilienne. En 2007, elle arrive à Montréal, puis en 2008 elle devient membre artisane professionnelle du Conseil des métiers d’arts du Québec. Depuis quelques années, elle travaille comme artisane et artiste visuelle. En 2017, elle obtient le diplôme de baccalauréat en arts visuels et médiatiques de l’UQAM tout en développant sa démarche comme artiste textile. Depuis quelques années, son travail s’inspire des problématiques du monde actuel. Aujourd’hui, elle participe à un collectif de femmes de diverses origines qui travaillent le sujet de la violence de genre.

Démarche et œuvres exposées

Pour Sarabeth Triviño, l’héritage d’un savoir-faire artisanal est un moyen d’expression artistique et une affirmation de son identité. Son processus créatif s’articule toujours autour d’un fil. Le tricot se manifeste comme un geste qui se répète continuellement et qu’elle utilise à des fins narratives. Triviño s’intéresse à la récupération de cette activité ancestrale associée principalement aux femmes dans un contexte domestique afin de générer un discours féministe contemporain. Dans sa pratique, elle intègre des techniques telles que le crochet, le macramé, la broderie et le tricot, qui impliquent un travail laborieux et méticuleux nécessitant souvent de longues heures de dévotion. Au cours du processus, la dimension temporaire de l’œuvre incarne métaphoriquement le temps et la transcendance. Ses sculptures et installations représentent des figures humaines et la nature à travers l’art textile. Le corps, l’espace et les matériaux sont des éléments essentiels de ses créations tridimensionnelles qui offrent une expérience sensorielle aux spectateurs. Les œuvres récentes de Triviño s’inspirent des histoires des femmes de sa propre famille, de leur macrocosme domestique ainsi que de leur sexualité et de leur corps en tant que territoire, ce qui est devenu un véhicule pour examiner les questions et les conditions des femmes d’aujourd’hui.

Je m’appelle Eli (2021)

L’installation Je m’appelle Eli nous parle de quelqu’un qui commence sa démarche personnelle pour sortir de la binarité. En effet, cette personne qui dès sa naissance a été assignée et nommée comme une fille ne s’identifie pas avec les genres féminin ou masculin. Ainsi, en tant que personne non binaire, iel change son prénom pour celui d’Eli. Ce travail est constitué de deux éléments. Le premier consiste en une petite robe qui appartenait à Eli quand iel n’avait que dix-huit mois. Cette pièce a été brodée par sa mère avec l’inscription « Je m’appelle Eli ». Les fils utilisés pour la broderie correspondent aux couleurs du drapeau non binaire. Ce vêtement représente le corps d’Eli dans son processus de transformation identitaire. Le deuxième objet est un cercle qui symbolise un mandala crocheté aussi par la mère. Le geste de tricoter surgit comme une narration métaphorique où s’entrecroisent les deux histoires : celle d’Eli qui vit le processus de transition vers son identité de genre et celle de la mère qui l’accompagne dans son processus d’affirmation de soi. Les deux objets sont mis à l’intérieur d’une vitrine. Cette capsule fermée illustre le sentiment d’oppression d’Eli dans ses interrelations sociales, de même que ses peurs et ses anxiétés. Cependant, iel a commencé un parcours afin d’affronter le monde avec un esprit libre et résilient.

Œuvres par l’artiste

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